Identité linguistique

Qu’est-ce que l’identité?

Si la notion d’identité est si difficile à cerner, c’est aussi parce que le terme d’identité est à la base un terme paradoxal. Le mot « identité » se réfère à l’unicité d’un individu, ce qui le rend unique et différent de tous les autres individus, mais il implique aussi à l’appartenance de l’individu à un groupe, une communauté avec qui il partage des caractéristiques identiques.

Ainsi, l’étymologie latine : « idem », nous renvoie à ce qui est identique, c’est-à- dire, ce qui possède des traits

communs. Ce qui est important c’est le fait que mon identité se rapporte à des critères que j’ai en commun avec

d’autres individus. Par ailleurs, mon identité est aussi constituée des critères qui me différencient

d’autres individus : en étant femme je ne suis pas homme. Mes papiers d’identité démontrent que

je suis moi et l’on ne peut me confondre avec quelqu’un d’autre. Il n’existe qu’un seul exemplaire

de ma personne. Mon capital génétique est unique et me différencie de l’ensemble des individus.

La somme des caractéristiques qui me sont propres me rende également unique. Ici, nous

évoquons des critères identitaires objectifs qui ne peuvent être remis en cause.

Pourtant, l’identité est celle que je me confère mais aussi celle que me confèrent les autres.

Ici il s’agit de critères beaucoup plus flous, imprécis et subjectifs qui sont le fruit de l’interprétation de

chacun. Ainsi, lorsque je suis à l’étranger, on aura tendance à me considérer avant tout comme

française et à me conférer toutes les caractéristiques que cela implique pour la personne qui

m’identifie, selon son point de vue, ses stéréotypes, ses expériences : j’ai un pouvoir d’achat assez

important, je suis de confession catholique, le français est ma langue maternelle…. Tandis que si

je suis au travail, on m’identifiera prioritairement selon mes caractéristiques professionnelles, les

diplômes que j’ai obtenus, mes compétences professionnelles, la façon dont je gère le poste qui

est à ma charge… Si je suis moi-même amenée à décliner mon identité, je ne le ferai peut être pas

de la même façon selon la personne auprès de qui je m’identifie. Mes groupes d’appartenance et

de références interfèrent bien entendu mon jugement. Par ailleurs, il est évident que l’identité

n’est pas immuable mais se construit tout au long d’une vie, se réajuste et se transforme sous

certains aspects. Ceci est valable pour l’identité individuelle tout comme pour l’identité du

groupe, il s’agit d’une donnée muable. De plus, l’attitude adoptée et les revendications de chaque

individu au sujet de sa propre identité restent largement influencées par le contexte dans lequel il

évolue. Ainsi selon une analyse psychosociale de Pierre Tap, on peut considérer que lorsqu’un

individu se sent en sécurité à l’intérieur d’un groupe, il aura tendance à affirmer sa singularité

tandis que s’il se sent en situation de conflit, il tendra à se référer plus fortement à ce groupe en

accentuant ses ressemblances. Il existe donc une dynamique identitaire. Chacun développe

également une stratégie identitaire selon ses groupes d’appartenance ou de références. Le groupe

d’appartenance est celui auquel on appartient « objectivement », comme nous l’avons vu

précédemment, le groupe au sein duquel les autres individus présentent des caractéristiques

identiques. Le groupe de référence est le groupe auquel on souhaite appartenir, auquel on cherche

à s’identifier. Souvent le groupe de référence est un idéal et conditionne nos agissements selon les

caractéristiques que l’on attribue à ce groupe. Ces réflexions nous amènent à envisager l’identité

individuelle et l’identité collective comme interdépendantes et interactive l’une de l’autre. Un

individu est récepteur des caractéristiques de son groupe d’appartenance, de son groupe de

référence mais il est aussi moteur de ces groupes. C’est ce que définit Isabelle Taboada

Leonetti : « l’identité n’est pas seulement un modèle d’identification proposé aux membres du

groupe, elle est aussi le produit de leur action collective » (Taboada, 1990 : 77). Quoi qu’il en soit,

il apparait clairement qu’il n’est pas possible d’envisager l’identité sans prendre en compte ses

différentes composantes et le contexte dans lequel on évolue.

La culture et l’identité culturelle

L’identité linguistique est un pilier de l’identité en général et l’identité culturelle en particulier. Si l’identité est difficile à définir, il en va de même pour la culture.

Nous pouvons dès lors souligner la restriction que nous apportent les mots. Un mot peut englober une notion complexe, voire

contradictoire comme nous l’avons remarqué avec « identité ». C’est aussi en cela que le sujet est

intéressant. Analyser un phénomène requiert de le définir au préalable. Or, nous découvrons qu’il

est parfois impossible de définir un terme sans ambigüité, nous pouvons donc comprendre que

plusieurs hypothèses et thèses soient développées sur ces thématiques que sont la culture et

l’identité.

Selon Edward Tylor (1871), la culture est donc un ensemble regroupant les valeurs, les

connaissances, les croyances, les idéologies, la morale, les coutumes d’une société. C’est cette

définition que je retiendrai au long de ce mémoire. Ainsi la culture s’exprime avant tout au niveau

collectif, du groupe. On peut opposer la culture à la nature. La culture s’acquiert et est sujette à

appropriation de l’individu, tandis que la nature est innée. Il convient de préciser que dès lors,

toutes les sociétés, communautés, ont une culture. Elle sert alors de repère, elle propose des

codes aux membres de la communauté. La culture n’est alors pas une donnée irréversible tout

comme l’identité, elle se meut dans le temps et dans l’espace. Elle constitue des points de repères

à l’individu pour pouvoir interpréter le monde qui l’entoure et se forger sa propre identité. Se

baser sur sa propre culture pour appréhender les autres cultures c’est de l’ethnocentrisme. Si cette

attitude est parfois décriée, elle est certainement inévitable. L’ethnocentrisme est une forme

d’intolérance dans la mesure où l’on considère que sa propre culture est la culture de référence, ce

qui est différent est donc dans l’erreur. C’est pourquoi on peut penser qu’une attitude

ethnocentriste de la part des sociétés menace la paix en général, crée des conflits et amènent les

sociétés à s’affronter.

Aussi, aujourd’hui, un accent est mis sur l’inter culturalité et l’éducation des individus à

l’interculturel. De nombreux textes ont été élaborés afin de favoriser les échanges interculturels.

Des entités tel le Fonds des Nations unies pour l'éducation, la science et la culture (Unesco) se

sont penchées sur la question afin de promouvoir l’interculturel dans le monde, c’est-à- dire viser

la tolérance entre les peuples à travers la connaissance et le respect des autres cultures. Ainsi, la

Déclaration sur la diversité culturelle a été adoptée lors de la 31e session de la conférence

générale de l’Unesco, le 2 novembre 2001, part de la base que les identités culturelles sont

« plurielles, variées et dynamiques », plurielles dans le sens où il n’existe pas une seule et unique

identité culturelle, variées parce qu’elles différent entre elles et enfin dynamiques parce qu’elles

évoluent. Dès l’article 1, la Convention indique que la culture est « source d'échanges,

d'innovation et de créativité » et que la diversité culturelle est nécessaire à l’humanité car elle

permet le développement économique, social, et intellectuel des individus. La diversité culturelle

est envisagée sous le signe des Droits de l’Homme. Selon cette convention, respecter la diversité

culturelle c’est permettre à chaque individu de jouir de ses libertés fondamentales. Par la suite, la

déclaration des droits culturels de Fribourg (mai 2007) fruit de 20 ans de réflexion par des

experts sur la notion de diversité culturelle, donne également une définition de la culture dans son

article 2 : « le terme «culture» recouvre les valeurs, les croyances, les convictions, les langues, les

savoirs et les arts, les traditions, institutions et modes de vie par lesquels une personne ou un

groupe exprime son humanité et les significations qu'il donne à son existence et à son

développement. » . On remarque ici que la culture est envisagée au niveau individuel également

lorsqu’il est précisé « une personne ou un groupe » et recoupe plusieurs catégories définies. Aussi,

cette définition me semble un peu plus subjective encore dans la mesure où elle prend en compte

les convictions en plus des croyances, et qu’elle envisage la culture selon les significations qu’un

individu ou un groupe d’individus donne à son existence. Il s’agit donc de la représentation que

l’on en fait. Ce point est très important puisqu’il introduit le fait que la culture n’est pas immuable

mais qu’elle est aussi sujette à appropriation. Ce n’est pas une donnée stable dans le temps et elle

s’accommode également aux individus. L’article 4 précise que «  Toute personne a la liberté de

choisir de se référer ou non à une ou plusieurs communautés culturelles, sans considération de

frontières, et de modifier ce choix » et « Nul ne peut se voir imposer la mention d'une référence

ou être assimilé à une communauté culturelle contre son gré. ». Ici, les auteurs de la déclaration

paraissent donc considérer que l’appartenance à une communauté culturelle relève avant tout

d’un choix individuel. Il me semble toutefois que cette liberté reste utopique au jour d’aujourd’hui

puisque pour avoir le choix il faut connaitre les différentes options. Actuellement, même

beaucoup d’individus ont conscience qu’il existe d’autres cultures, et qu’une certaine éducation à

l’interculturel a été menée, il reste difficile de connaitre l’ensemble des cultures, de la même façon

qu’il ne me semble pas plus aisé de rentrer dans une communauté culturelle par simple choix. Je

rejoins en ce sens Denys Cuche qui pense que l’identité culturelle est « une modalité de

catégorisation de la distinction eux/nous fondée sur la différence culturelle. » (2001 : 83), en ce

que l’identité culturelle implique une appartenance à une communauté et l’appartenance à une

communauté n’est pas le résultat d’un simple choix de la part des individus. Pour avoir une

identité culturelle, il faut qu’il existe d’autres cultures en réponse à la double signification de

l’identité : avoir des points communs et se différencier.

La culture influence donc l’identité, elle est même part de l’identité. Toujours dans le second

article de la déclaration des droits culturels, il est précisé : « l'expression «identité culturelle» est

comprise comme l'ensemble des références culturelles par lequel une personne, seule ou en

commun, se définit, se constitue, communique et entend être reconnue dans sa dignité; ». Il est

entendu ici que l’individu ou le groupe se définit par rapport à sa culture. Il se sert de sa culture

pour construire son identité, la culture d’une personne conditionne son identité.

L’identité linguistique

La culture s’acquiert et se transmet comme un patrimoine au sein d’une société, d’un peuple. Elle se construit, s’ajuste, se modifie, aux contacts d’autres cultures par exemple.

L’identité culturelle envisagée sous cet angle est donc également le fruit d’une stratégie identitaire en cela qu’elle

s’exprime par rapport à l’autre, c’est la partie de la déclaration qui indique « et entend être

reconnu ». L’identité culturelle s’exprime donc à travers le regard de l’autre au-delà de sa propre

interprétation. Lorsque Denys Cuche précise « la différence identitaire n’est pas la conséquence

directe de la différence culturelle », nous pouvons comprendre que la différence culturelle est

préexistante et indéniable, mais la différence identitaire est le résultat d’une action, d’une décision

et d’une orientation de la part des membres d’une communauté. Cela revient aussi à dire que la

différence culturelle n’est pas unique constituant de la différence identitaire. La différence

culturelle est incontournable dans la mesure où dans le monde cohabitent des milliers de cultures

distinctes.

La langue parlée, fait indéniablement partie de l’identité culturelle. Une langue, parmi d’autres

moyens d’expression comme l’art par exemple, exprime, est le reflet d’une culture, mais elle est

aussi moteur de cette culture. Comme le suppose, Wilhelm von Humboldt (1822-1824) dans

Sur le caractère national des langues en écrivant que la langue agit sur « la pensée et la

sensibilité ». Notre mode de pensée et notre sensibilité seraient donc différents selon la langue

que l’on parle, ou en tous cas seraient influencés par cette langue. Il est vrai que l’on peut

constater que, même pour un bilingue total, la traduction d’une langue à une autre ne peut être

qu’imprécise. La traduction exacte d’une langue à l’autre n’est pas possible, même pour des

langues génétiquement rapprochées comme le français et l’espagnol. Chaque langue exprime sa

réalité selon ses critères, à travers ses accents, son vocabulaire, ses expressions. C’est pourquoi

Wilhelm von Humboldt considère que pouvoir parler plusieurs langues est l’opportunité de

développer sa pensée en s’ouvrant à une culture, en ouvrant sa vision sur le monde, en étant

capable de comprendre d’autres logiques. Benjamin Lee Whorf, dans la même lignée, affirme

qu’« aucun individu n’est libre de décrire la nature avec une impartialité absolue(…) il est forcé de

souscrire à certains modes d’interprétation alors même qu’il se sent le plus libre. ». Cette

affirmation me semble tout à fait juste et pertinente car elle suggère le fait que et la langue que

l’on parle nous impose une vision de la nature déjà influencée par la culture dans laquelle évolue

cette langue. La langue est porteuse de culture mais elle en est avant tout sa traduction.

On peut donc penser que dans l’enseignement, comme le préconise le CECRL, la compétence

interculturelle est le moyen de se détacher de son ethnocentrisme et mieux comprendre le monde

dans lequel on évolue. L’éducation à la sensibilité interculturelle est considérée comme un moyen

d’éduquer les groupes majoritaires à vivre dans une société pluriethnique afin d’intégrer les

groupes minoritaires. C’est dans cette perspective qu’a été rédigée la Déclaration universelle

des droits linguistiques a été signée par l’Unesco à l'issue de la Conférence mondiale sur les

droits linguistiques (juin 1996), dans le but de garantir à chaque communauté la reconnaissance et

le respect de ses droits linguistiques afin de vivre, pouvoir s’exprimer et se faire comprendre au

quotidien dans sa langue. Dès le préambule, cette Déclaration annonce que la langue « est le

résultat de la convergence et de l’interaction d’une grande variété de facteurs : politico-juridiques ;

idéologiques et historiques ; démographiques et territoriaux ; économiques et sociaux ; culturels ;

linguistiques –et sociolinguistiques ; interlinguistiques ; et finalement subjectifs. » Cette précision

confirme ce que nous avons pu évoquer précédemment, soit le fait que l’identité linguistique est

sujette à changement et évolution selon le contexte car la langue elle-même est sujette à évolution

par l’influence de nombreux facteurs. Si la langue est porteuse de culture, elle en est aussi

l’expression. L’identité linguistique est donc un facteur fondamental pour définir l’identité

culturelle. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle les communautés revendiquent le droit à

conserver leur langue et que de nombreux linguistes, comme Claude Hagège, s’inquiètent de la

« mort de langues ». Pour ces derniers, la disparition d’une langue entraine la disparition d’une

culture. De ce point de vue, on peut comprendre le fait que certains pensent que la disparition

d’une langue, donc l’extinction d’une culture, est un danger pour l’humanité car cela représente

un risque d’uniformisation, fruit d’une certaine forme de domination, de colonisation et

d’impérialisme. Reste à définir toutefois si la disparition de la langue est la conséquence de la

disparition de la culture ou vice-versa ? Il est difficile de trancher cette question puisque la culture

et la langue s’autoalimentent et évoluent conjointement.

Lorsque Louis-Jean Calvet annonce dans son livre La guerre des langues, que l’esperanto en

tant que langue universelle a échoué notamment du fait que « l’expansion d’une langue dans

l’espace et dans le temps est toujours l’expression d’une autre expansion, militaire, économique,

religieuse, culturelle, etc., qu’elle témoigne d’un mouvement social plus profond . » et que

l’esperanto reste « une langue de laboratoire », il met en avant sa théorie de guerre des langues, les

langues s’imposent selon une logique d’expansion. Il souligne également le fait qu’une langue se

développe au niveau social, « sur le terrain », il est très difficile de « créer » une langue, d’où la

qualification de « langue de laboratoire » de l’espéranto, cette langue a été pensée et créée, elle ne

s’est pas développée dans un milieu naturel pour « prendre vie ». Je pense que l’espéranto peut

illustrer cette idée que la langue est porteuse de culture et d’identité. Si l’ambition de l’espéranto

qui est de permettre la communication entre les individus du monde entier avec un objectif

pacifique, est louable, force est de constater qu’une langue qui n’a pas d’histoire, d’évolution,

d’appropriation par un peuple, ne représente pas un moyen de communication viable.

L’espéranto n’a pas pu acquérir un statut de langue universelle d’une part parce qu’il n’existe pas

de culture universelle et uniforme qui puisse être exprimée à travers une langue unique, et d’autre

part parce qu’une langue de communication doit être une langue vivante. Aussi, je pense que

l’espéranto illustre parfaitement le fait que la langue est un pilier de la culture.

Je m’appuierai sur un autre exemple, fictif celui-là mais que je trouve tout aussi illustratif, pour

appuyer mon opinion, celui de la « novlangue » de George Orwell. Dans son roman 1984,

l’écrivain imagine un monde dominé par le totalitarisme où la langue doit favoriser la parole

officielle et empêcher l'expression de pensées hétérodoxes ou critiques. Le parti unique qui est

dirigé par le fameux Big Brother brime les libertés d’expression, notamment en contrôlant la

langue. La « novlangue » a un vocabulaire très réduit qui empêche les pensées hérétiques. Pour

cela, le parti de Big Brother met en place tout un processus de politiques et planification

linguistiques ….. La novlangue part du principe que si le mot pour désigner quelque chose

n’existe pas, alors ce quelque chose ne peut exister non plus ou sera amené à disparaitre. Ainsi

l’idée de liberté, ou de sens critique ne peut être ressentie par les citoyens car ces derniers n’ont

pas les moyens de l’exprimer. L’idée que la langue que l’on parle « formate » notre esprit me

semble justifiable mais nous pouvons aussi avancer que notre esprit, notre culture, nos besoins

d’expression transforment et font évoluer la langue pour pouvoir exprimer toujours plus de

concepts. C’est pourquoi toute langue invente de nouveaux mots à mesure qu’elle cesse d’en

utiliser certains. L’influence d’autres cultures et le contact des langues sont aussi source de

nouveaux mots et parfois d’un vocabulaire entier. Nous reviendrons sur cette idée en évoquant le

développement du lunfardo en Argentine. Quoi qu’il en soit, il me semble que l’ont peut affirmer

que le vocabulaire disponible, les expressions quotidiennes, les expressions imagées, sont autant

de marques d’identité d’une culture, d’une communauté linguistique et sont les traces d’une

histoire.

Les exemples de l’espéranto et de la novlangue me semblent donc assez illustratifs de cette idée.

Une langue universelle ne peut être mise en place et imposée car les langues sont soumises à

évolution selon la culture qu’elles transportent, une langue « créée » ne peut s’imposer à des

individus ou des groupes d’individus. Cependant les politiques linguistiques peuvent

progressivement imposer une langue ou des changements, par exemple dans 1984, la novlangue

est de plus en plus utilisée par les membres du parti et son imposition à l’ensemble de la société

est déterminée pour 2050. L’appropriation de la langue par la société est toutefois difficilement

contrôlable.

Ainsi, nous avons démontré que la ou les langue(s) parlée(s) est (sont) ce que J.Billiez (1985)

appelle à juste titre un marqueur d’identité. Elle(s) s’inscrit (s’inscrivent) dans l’identité culturelle

d’u individu. L’identité linguistique d’un individu s’exprime au quotidien elle est une des marques

les plus « visibles », les plus évidentes conjointement avec le sexe, la couleur de peau et l’âge

approximatif. Lorsqu’une personne bilingue choisit l’une ou l’autre langue de son répertoire

verbal cela fait partie de sa stratégie identitaire. Le répertoire verbal se constitue de l’ensemble des

ressources linguistiques disponibles chez un individu pour communiquer verbalement. La gestion

du répertoire verbal est une compétence du locuteur bi-plurilingue. Au-delà du répertoire verbale,

les individus peuvent développer une compétence de communication non verbale, cela peut

traduire une certaine sensibilité à l’interculturel, la capacité à identifier une autre culture et tenter

de s’adapter.

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